L’intégralité de la conférence de presse donnée par Didier Deschamps le vendredi 20 janvier au centre RLD, comme si vous y étiez :
Le point sur les blessés ?
Le point, le point, « Ben » vous l’avez vu, il a travaillé encore à part parce qu’il ressent toujours par rapport au coup qu’il a reçu au dernier match, on verra demain ce qu’il peut faire ou pas faire.
Morel ?
Morel ?
Son pied ?
Un coup sur le pied, oui, reçu avant-hier. Il a un hématome, ça commence à se résorber donc on fera le point demain aussi.
Pour ces deux, tu es résolument optimiste ?
(Il souffle) « Ben », c’est un peu plus, même s’il a commencé l’activité de course il y a deux jours, après c’est plus voir comment il se sent… Jérémy c’est un coup, c’est moins problématique parce que ça s’est passé il y a 48h.
Vous ne prendrez pas de risque ?
Des risques ? Il faut que les joueurs puissent être disponibles, après vous l’avez vu c’est plutôt dépeuplé ce matin, et encore, j’ai cinq jeunes avec moi, on a un match à jouer où on doit se qualifier.
Traoré était présent ?
Non, mais ce n’est pas méchant, c’est juste par rapport au travail d’hier, comme aujourd’hui c’est un peu relax, il n’y a pas d’inquiétude particulière.
Gignac en est où ?
Il est dans les mains du staff médical…
Du staff médical de l’OM ?
Oui pourquoi ? Jusqu’à preuve du contraire.
Il ne voit personne à l’extérieur ?
Ça, je ne sais pas, à l’extérieur ils font ce qu’ils veulent
Il n’y a pas de reprise collective prévue ?
Là non, vu l’inactivité depuis pas mal de temps, il va falloir le « réathlétiser » avant de passer à un entraînement. Donc je ne vais pas vous donner de date, c’est difficile, il faut y aller progressivement…
Ça vous embête pas de ne parler que de foot, il ne se passe rien en dehors du terrain en ce moment ?
Non, mais ça ne vous empêche pas de dire ou d’écrire des fois, non mais ça va, parler que football il n’y a pas de souci, je suis là pour ça…
L’entraînement était peu peuplé ce matin, mais il y avait le duo de choc Rémy-Valbuena qui est impliqué dans 69% des buts de Marseille…
Quel pourcentage !
Oui c’est une bonne stat !
Elle te plaît celle-là… Oui ils sont là heureusement.
On apprend aussi qu’ils sont copains comme cochons dans la vie, ça aide ?
Je ne sais pas il faudra leur demander. Comme cochons, je ne sais pas, si tu mets bout à bout tout ce que tu viens de dire là, ça commence à faire peur. Après, il y a des joueurs qui peuvent avoir des affinités en dehors du terrain aussi… Ça aide ? C’est pas une mauvaise chose, après est-ce que ça, ça a eu une influence sur le terrain ? J’en ai vu aussi qui ne pouvaient pas se blairer et qui jouaient l’un pour l’autre et ça marchait très bien, hein… En dehors, c’est leur vie, le plus important c’est ce qui se passe…
Des noms ?
Des noms ? Non, je n’en donnerai pas… C’est ce qui se passe sur le terrain.
Pour parler du sportif, vous pensez que c’est le meilleur duo offensif de L1 ?
Je suis mal placé pour juger. Ce n’est pas qu’un duo, on parle des deux parce qu’ils sont décisifs, marquent des buts l’un et l’autre. Ils font des passes, ils sont le secteur offensif, après, je ne veux pas enlever aussi au reste, les joueurs qui sont à côté ou dessous et qui sont performants aussi. Après, juger eux par rapport à d’autres, l’essentiel pour moi c’est qu’ils continuent à l’être.
Comment expliquer ce renouveau, après un départ catastrophique, comment vous expliquer d’avoir pu redresser la barre ?
Je ne sais pas.
Ne dites pas « je ne sais pas »…
Non, mais je dois vous expliquer déjà quand ça ne va pas, alors quand ça va, c’est plus agréable.
Vous avez senti un déclic après Paris par exemple ?
Non, il y a des matches importants, on a eu un début de saison compliqué, même si je considère que dans les intentions et ce qu’on a pu réaliser, peut-être pas sur tous les matches, mais sur des parties de matches, on a mis beaucoup de qualité, il y a eu de la qualité collective, on n’a pas été récompensé en terme de points et de résultats. Après ça s’est enchaîné avec un peu plus de fébrilité, de doute, des joueurs aussi qui n’y étaient pas, les nouveaux qui arrivent, les anciens qui n’étaient pas tous à leur niveau, les suspensions… Ici, ça a pris des ampleurs, même si le classement était catastrophique et puis après, avec un peu plus de résultats, de confiance, la qualité a toujours été là. À l’entraînement souvent… Après on a eu du mal à la retranscrire en match, puis au-delà des qualités, c’est l’état d’esprit, l’envie de… le projet collectif qui passe avant tout… de faire les efforts les uns pour les autres, avec et sans ballon, ça semble des choses bêtes ou basiques, mais c’est l’essence même.
Après ce début de saison, le classement d’aujourd’hui vous surprend, vous vous attendiez à ce que ça aille aussi vite ou espériez-vous que ça aille plus vite après ce déclic ?
C’est difficile pour moi. Si je dis non, c’est quelque chose d’exceptionnel, on va dire c’est facile pour lui de dire ça. On était dans une situation très compliquée, on a rétabli mais on n’a rien de fait encore. Maintenant, on passe d’une extrême à l’autre, comme c’est souvent le cas à Marseille. Voilà, on est toujours 6e avec cinq équipes devant nous, ça, il ne faut pas l’oublier. Après, que l’écart soit plus réduit avec ceux qui sont juste au-dessus, peut-être, mais on a toujours cinq équipes devant nous et on a un calendrier qui est compliqué. Donc ça peut aller très vite, bien, très bien par moments, l’essentiel c’est de continuer.
Justement au sujet de ces cinq équipes qui vous précèdent et du calendrier, vous avez subi vos quatre défaites contre quatre équipes du top 5, et après vous avez le PSG et Lille. Est-ce que le fait d’être capable de battre des équipes du top 5, ça rend un peu plus optimiste ?
Optimiste je le suis, tout le monde l’est, les joueurs aussi. Notre problème sur la phase aller, c’est que ces trois matches-là, Lille, Rennes et Lyon, c’était 0 point. Là, on est déjà à 3. Qu’on soit capable, on aurait pu l’être aussi en phase aller, après ça sera la vérité du moment, mais vu notre situation, rencontrer des équipes qui sont devant nous, si on veut les rattraper ou les dépasser, il n’y a pas 36 solutions… En plus, le nombre de matches va diminuer aussi. Donc on est dans un cas de figure où le match de Lille était très important et les deux qui viennent vont l’être aussi parce qu’ils vont conditionner notre fin de championnat.
Psychologiquement, c’est important de les avoir battus ?
Oui, c’est pas que « battu », c’est d’avoir fait ce qu’il faut et par moments avoir été capables de faire de très bonnes choses et puis d’avoir les deux efficacités : offensive et défensive.
Qu’est-ce qu’il y a encore à améliorer à ton avis… (Il coupe)
Tout…
Est-ce qu’il y a un endroit où tu n’es pas satisfait du tout ?
Non, on peut toujours améliorer. Bon, améliorer le secteur défensif, c’est vrai qu’on n’a pas pris de but sur ces trois derniers matches en 2012, mais il y a eu des opportunités aussi pour l’adversaire par moments, donc c’est s’appuyer là-dessus et pour l’aspect offensif, on peut toujours améliorer l’efficacité, la justesse, les situations où on est en situation de centre aussi, pour qu’on amène encore un peu plus de danger.
Vous ne pouvez pas marquer à chaque attaque !
Non, mais pourquoi pas… Être réaliste et efficace, c’est ça. Après, des fois, en football, on a trois occasions, on va marquer deux buts. Des fois, on en a dix et on n’en marque deux. C’est jamais évident, mais l’essentiel c’est de s’en créer le plus possible, mais même si on ne s’en crée pas beaucoup, c’est d’être efficace.
Après quand ça fait 5-5, les entraîneurs ne sont pas contents !
Pas toujours non. Ni d’un côté ni de l’autre. Mais on passe pour des fadas…
Tu vas faire débuter Brandao dimanche ?
C’est une possibilité, oui.
Tu vas bien finir par le lancer en début de match ?
Il travaille, il a fait une bonne semaine, il a joué pratiquement une mi-temps le dernier match, donc c’est bien, il a fait une semaine complète, donc il est mieux.
Même s’il y a eu une semaine pour préparer ce match, vous pourriez apporter des changements pour faire reposer certains joueurs ?
Comme tous les matches je peux le faire, après il y a aussi l’aspect où on a un match par semaine et ceux qui ne jouent pas là, il ne joueront pas pendant quinze jours, alors là c’est pas toujours évident, on peut perdre le rythme aussi, je ne vais pas vous donner plus d’éclaircissements par rapport à ce que je ferai dimanche, j’ai une petite idée, je n’ai pas encore décidé, j’attends de voir demain aussi, mais pour l’avoir vécu en tant que joueur moi aussi, je sais que des joueurs qui restent aussi longtemps sans jouer c’est pas évident de remettre la machine en route après.
Vous pensez que jouer tous les trois jours c’est épuisant, comme le disent certains ou comme le disent certains anciens comme Bernard Bosquier, jouer tous les trois jours… (Il coupe)
Lui ne devait pas souvent jouer tous les trois jours à son époque…
Vous pensez que les joueurs préfèrent jouer plutôt que de s’entraîner ?
Oui, ça c’est clair, après, c’est les fréquences de matches. Quand il y a trois jours, s’il y a des déplacements et tout, trois jours c’est… quoi qu’en disent certains, quatre ça va. Quatre, c’est le plus court, cinq c’est l’idéal mais après c’est la répétition qui fait que, s’il y a des petits bobos ou quoi, maintenant je ne vais pas me plaindre de jouer un match par semaine parce qu’il y en a beaucoup qui ne jouent pas ce week-end, qui sont obligés de trouver des matchs amicaux, mais ma réflexion aurait été totalement différente si j’avais eu un autre match mardi ou mercredi, mercredi pas mardi, parce qu’on joue dimanche… Là, ça aurait été totalement différent. Mais là, bon, je suis dans un… et on a fait en sorte, cette semaine, de retravailler par rapport aux échéances qui nous attendent où le calendrier peut être chargé voire très chargé.
Didier, tu parlais la dernière fois de la bonne ambiance dans le groupe, est-ce qu’il y a une raison principale à ça ? C’est le stage qui a permis de changer les idées, les vacances, une prise de conscience pour tout le monde… (Il coupe)
Voilà c’est tout ça.
C’est toi ?
Oui, bien sûr, c’est que moi (ironique)… C’est une ensemble de choses après, certains diront c’est un peu plus ça, mais c’est cet ensemble de choses qui font que l’envie de… Je ne dis pas « bonne ambiance » parce qu’il y a toujours eu plus ou moins une bonne ambiance, mais là, c’est une ambiance de travail et voilà, il y a de la sérénité, de la tranquillité. Je les ai retrouvés après les vacances, qui ont été longues pour eux, avec cet envie de travailler, de faire les choses, d’être appliqués, concentrés, ça n’empêche pas de rigoler de plaisanter, mais d’avoir cette exigence-là dans le travail…
Dans ces moments-là, il y a moins de piqûres de rappel de votre part ou de temps en temps vous devez en rappeler quelques-uns à l’ordre ?
Je suis le père fouettard… Oui, il y en a plus là, ils les prennent plus facilement aussi, mais oui c’est souvent là, on passe d’un extrême à l’autre et c’est dans ces moments-là où il faut être vigilant parce que… Mais la réalité c’est ça. Après on a beau dire, oui c’est vrai je suis très content et très heureux de voir ce qu’ils sont capables de faire, ce qu’ils réalisent en ce moment, mais on n’a rien fait et on est 6e au classement. Certes, on est qualifié dans toutes les compétitions pour le moment, mais on a tout à jouer encore, donc il ne faut pas s’endormir.
Didier, votre groupe fonctionne beaucoup par binôme, Rémy-Valbuéna devant, Nkoulou-Mbia derrière, les frères Ayew, est-ce que vous, vous avez trouvé votre moitié dans le groupe ?
Moi, ma moitié, elle est chez moi.
Non mais…
Et je passe un peu de temps avec elle, on va dire… (il rigole)
Mais avez-vous trouvé votre binôme dans le groupe ?
Est-ce que j’ai besoin d’un binôme ?
Je ne sais pas, je vous pose la question ?
J’ai un quatuor moi, on est quatre…
C’est mieux ?
Ça dépend, après chacun voit…
On peut déjà jouer aux cartes à quatre.
Ouais, encore faudrait-il qu’ils sachent jouer aux cartes… C’est bien les binômes, les paires. Quand tu joues en 4-4-2, c’est très bien, il n’y a que des paires mais des fois, les paires sont éloignées… Non, c’est comme dans tous les groupes, après des binômes je ne sais pas s’il y a des binômes, c’est pas parler de clan, mais il y en a certains qui ont plus d’affinités avec d’autres, ça peut être trois, quatre, même si après il faut se retrouver tous ensemble, mais il y a toujours eu des affinités avec certains plus qu’avec d’autres.
Qu’attendez-vous de ce match de dimanche ?
Se qualifier. On est chez nous, c’est un16e de finale de Coupe de France face à une équipe de L2 qui joue la montée aussi, donc je les ai vus, j’ai envoyé des gens les voir pour avoir les informations suffisantes, maintenir le degré d’exigence et la même volonté, peu importe l’adversaire qu’on peut avoir.
Quels sont les points forts de cette équipe ?
C’est une équipe qui a une bonne organisation, qui peut changer selon l’adversaire avec un quatuor offensif qui a de la qualité en base technique, il y a de la mobilité après ça change pas mal aussi parce qu’en général, il y en a deux qui commencent et deux qui rentrent, avec un jeune gardien qui a de la qualité aussi. Ça fait partie des bonnes équipes de L2, donc voilà, méfiance, mais c’est surtout nous, ce que nous on doit être capable de faire, après si on fait moins, ça peut leur donner plus d’espoirs…
Il y aura moins d’agressivité au sens propre du terme ?
Non, eux n’ont rien à perdre, ils viennent à Marseille, personne ne leur reprochera rien, ils ont toujours une chance, ils ont joué mercredi à Bastia qui a été un bon match de leur part, même s’ils ont été punis à la fin. ils vont jouer le coup à fond, ils mettront l’agressivité, ils vont jouer, ils n’ont pas l’habitude de jouer au Vélodrome aussi donc pour eux, je répète, ils n’ont rien à perdre.
C’est plus important de gagner pour garder la dynamique ou pour passer ce tour ?
Les deux. Rester sur cette dynamique positive, évidemment que c’est important, puis notre objectif c’est de se qualifier.
Sur le poste de gardien de but, il y aura un changement ou Steve va jouer ?
Ça sera Steve.
En Coupe de la Ligue ?
Je ne sais pas, on verra. Mais il y a le souci là aussi, le fait de ne pas jouer pendant 15 jours, je connais un peu Steve maintenant, je préfère qu’il soit sur le qui-vive.
Même si c’est son ancien club ?
Je ne fais pas de sentiment moi… Je ne rentre pas là-dedans.
Comment tu juges les performances de Diarra ?
Il a eu des soucis à la reprise parce qu’il a eu quelques pépins, c’était son match de rentrée contre Lille donc, si j’avais pu, je ne pense pas que je l’aurais fait débuter. Sincèrement, il était moyennement prêt, mais il a été dans son registre, après ils peuvent tous mieux faire, après avec son gabarit, pour remettre en route la machine ça demande toujours un peu plus de temps….
Pour l’instant il n’est pas à son meilleurs niveau ?
C’est plus une question d’association aussi, lui il est dans son registre.
Donc tu n’as pas trouvé le bon binôme ?
Pas forcément un binôme parce qu’en général j’ai un trio, parce qu’entre le deux et le quatre, il y a le trois et les trios, des fois, ça peut bien fonctionner…
Il commet beaucoup de fautes, c’est son jeu qui veut ça ?
Oui, il fait des fautes, bon, je sais ce que c’est d’être dans cette zone-là. C’est où il y a le plus de densité et tout ça, après avec son gabarit forcément ça se voit aussi, des fois il est un peu en retard, c’est un ensemble de choses quoi. Des fois, il pourrait ne pas les faire aussi, des fois il y en a qui nous servent mais dans l’impact et dans la récupération, c’est quelqu’un qui est performant.
Il est en retard parce qu’il n’est pas encore à son meilleur niveau ?
Et en face, il y en a qui peuvent aller vite aussi. Quand vous avez Hazard vous pouvez être rapide, quand il prend le ballon, il accélère, forcément quand il y a de la vivacité et de l’explosivité des petits gabarits. Voilà, Mathieu aussi quand il y est, il fait mal à beaucoup d’adversaires aussi. Ceux qui sont plus grand et longilignes… Après, dans les airs, il a moins de difficulté.
On parle beaucoup des nouvelles méthodes d’Ancelotti au PSG…
(Il baille) Ouais.
Tu les a forcément connues en Italie…
Il y a très longtemps…
Cette exigence est transférable dans le championnat de France ?
Je ne vais pas rentrer dans les méthodes, l’exigence… Lui est habitué parce qu’il a été dans des grands clubs en tant qu’entraîneur aussi, et voilà, c’est comme ça et c’est pas autrement. Et pourquoi ils ne s’y mettraient pas en France ? Il faudra bien qu’ils s’y mettent. Il y a un fonctionnement qui est un peu différent, les mecs ils sont « pros », ils sont là, il bossent…
Quand tu as voulu mettre ça en application en France…
Il faut adapter, l’entraîneur doit s’adapter oui.
Qu’est-ce qui a été dur ?
Non c’est pas plus dur, c’est des sensibilités différentes. Peut-être le cadre est un peu moins défini aussi, ça a tendance à se plaindre, vous aussi vous avez tendance à aller vers ce… Dans les grands clubs ou même dans les bons clubs à l’étranger, ça peut arriver et tous les joueurs peuvent être concernés à un moment et passer un, deux, trois matches sur le banc… En France, ça fait tout de suite… Oui mais c’est la vie d’un footballeur aussi, il n’y a pas 36 façons, à un moment, il peut y avoir des choix sportifs, il peut y avoir des baisses de forme, c’est ça. Bon, c’est pas toujours ancré dans les mentalités….
Mettre des GPS, ça vous dit ?
Attendez les GPS existent depuis belle lurette ! On ne les a pas découverts aujourd’hui… C’est pas le GPS de voiture pour savoir où ils vont, c’est simplement pour récupérer les fréquences et les distances, c’est un appareil qui est utilisé depuis de longues années. Avec ses qualités et ses défauts…
C’est sûr si Mandanda fait 15 kilomètres…
Oui, c’est comme les stats, des fois il y en a qui me surprennent.
Quand on entend Leonardo sur les méthodes d’entraînement, on avait l’impression qu’avant ils ne branlaient rien…
Ne me faites pas dire des choses, après ça va rebondir… Mais c’est souvent comme ça, en règle générale, quand il y en a un qui arrive, « oui là on travaille », « là on est plus sérieux ». Que ce soit à Paris ou dans n’importe quel club et en général, c’est plutôt… Vous voyez les joueurs qui disent avec le nouvel entraîneur, c’est moins bien… Ils vous le disent peut-être, mais vous ne pouvez pas l’écrire.
Vous lui avez parlé à Ancelotti ?
Non.
Vous êtes en bons termes avec lui ?
En bons termes pourquoi ? Non, on s’est croisé à la réunion des entraîneurs de Champion’s League avec l’UEFA, je l’ai eu quatre mois comme entraîneur, c’était en… Il y a tellement longtemps, mais c’est quelqu’un que j’apprécie, j’ai du respect, mais il est très loin, il est là-haut à la capitale.
S’il y avait une possibilité de recruter un attaquant parisien, vous le feriez ?
Il n’y a pas de « si », c’est pas possible. Aujourd’hui, après on ne sait jamais… Si tu as une solution pour qu’on ait de l’argent, ça serait bien mais je ne pense pas que ça soit le cas.
Des profils vous intéressent ?
Il y a des joueurs intéressants là et ailleurs. Après ils veulent des joueurs du même niveau donc libre à eux, tant mieux pour eux, qu’ils aient de gros moyens de pouvoir acheter qui ils veulent quand ils veulent et où ils veulent, à condition que le joueur veuille venir.
Les soldes quoi !
À ces prix-là, les soldes !
C’est pas souvent le cas !
C’est pas que « c’est pas souvent le cas », mais quand on touche à une catégorie de joueurs top niveau, c’est pas le financier. Ils gagnent très bien leur vie là où ils sont, donc à un moment, c’est un choix de vie et un choix sportif. Quand vous êtes dans de grands clubs comme ça, étrangers, c’est pas facile d’en partir.
Ça veut dire que la L1 attire moins que la Liga ou autre ?
C’est pas que la Liga. En Europe, il y a dix clubs qui sont incontournables, une dizaine de clubs, il y en a trois ou quatre dans chaque pays, mais nous, Français, par rapport à l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et l’Angleterre, on n’est pas dans la même catégorie…
Mais jusqu’à présent, on disait que c’était une question de pognon, de fiscalité ?
Mais non ! C’est pas que ça. Il faut arrêter avec ça, pas sur ces joueurs-là, pas sur le top niveau. Le top niveau, ils gagnent très bien leur vie, qu’ils en gagnent le double ou le triple, ça ne va pas changer, il y a d’autres paramètres qui entrent en ligne de compte. Après, c’est vrai qu’on a une fiscalité qui est différente, qui est lourde, des moyens qui sont réduits, mis à part peut-être pour le PSG qui a des moyens peut-être supérieurs à beaucoup de clubs étrangers à l’heure actuelle…
L’OM doit privilégier des joueurs de L1 ?
On verra. La L1 ça coûte plus cher que l’étranger, des fois c’est pas forcément une partie de plaisir.
Mais Paris qui fait ses courses à l’étranger, ça libère le marché français pour d’autres clubs ?
Ils ne vont pas prendre tout le monde aussi. Après ils ont des joueurs français aussi. Il peut y avoir des surenchères, ça peut arriver que des clubs soient sur le même joueur. Après, c’est d’autres critères qui doivent faire la différence, mais aujourd’hui Paris est dans une autre catégorie, ça c’est évident….
Tu pourrais laisser Nicolas Nkoulou sur le banc à cause de la menace des cartons ?
J’y réfléchis, j’ai Mathieu aussi qui est dans ce cas, même si c’est un joueur offensif. Je ne sais pas encore, mais le risque est là. S’il prend un carton il ne joue pas la demi-finale… Il y a encore quatre ou cinq matches, mais bon, d’ici là j’aurai peut-être récupéré les Africains… Oui, je le sais, mais il y a le fait du rythme, le fait de devoir bouger les joueurs de poste aussi, mais j’y pense.
Les joueurs comprennent mieux quand vous leur demandez de rester sur le banc à cause de la menace des cartons que quand c’est un choix sportif ?
Oui, ils sont bien obligés de l’accepter, mais là c’est pas un choix sportif, c’est plus pour limiter le risque… Il comprend peut-être un peu plus. Nico, ça lui est arrivé quand on a joué contre le Red Star, c’était au Stade de France, il me dit : « coach, je n’ai jamais joué au Stade de France… » Oui mais bon…
Le mercato marseillais est assez calme…
Très calme, à moins que vous l’agitiez. Vous l’agitez, mais bon…
Il reste une incertitude concernant Lucho ? Tu t’es entretenu avec lui ?
Toi, tu as pu t’entretenir, toi… Il est là, après on est à Marseille, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer, mais aujourd’hui il est là et il est bien là.
S’il y a un départ il y a une arrivée ?
(Silence)… J’espère avoir des arrivées rapidement, quatre. Mais ils n’arriveront pas les quatre ensemble. Aujourd’hui, je ne pense pas qu’il y ait un départ. Si c’est pour prendre quelqu’un pour prendre quelqu’un, mes joueurs de la CAN vont bien rentrer, au plus tard le 12. Si c’est pour prendre quelqu’un pour deux matches…
